Le lac Baïkal : marcher sur la glace

Une autre particularité en Russie c’est la température en intérieur : les Russes chauffent énormément leurs logements. C’est en transpirant que l’on prend le petit déjeuner, dans une salle à plus de 25°C. Les gourdes remplies, nous quittons l’ancienne ferme en nous dirigeant vers le lac. Les sacs sont chargés dans des 4×4 qui nous accompagneront pendant tout le séjour.

Nous chaussons nos crampons, à deux pas du trou qui avait été creusé la veille dans la neige. Un petit chien noir batifole autour de nous, pris par l’excitation du départ. Avec plus ou moins de facilité les crampons sont fixés sur les chaussures de randonné. Il y a de toutes les sortes.

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Puis, avec précaution, un pied devant l’autre, on quitte le rivage. C’est relativement facile de marcher sur la glace une fois les crampons mis. Je n’ai glissé qu’une fois en prenant à virage à 90° un peu trop rapidement. Les chauffeurs et le guide n’en utilisaient même pas.

La surface du lac est lisse, sombre, noire et striée de blanc, anciennes fissures gelées. On voit à quelques dizaines de centimètres sous la surface, notamment des petites bulles de gaz figées. Le lac Baïkal est en effet sur une faille sismique. Par endroit de la neige, sous forme de poudre. Elle volette, soufflée par le vent. Des blocs de glaces, hauts de plusieurs dizaines de centimètres marquent aussi le paysage. La glace « travaille » en permanence. Les blocs se séparent créant des fissures ou se rapprochent et se percutent. Le bruit est permanent sur le lac, les « boom » de ces mouvements sont constants.

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Quelques caractéristiques du lac Baïkal : il est considérée comme une Mer Sacrée par les Bouriates. Ses dimensions en font en effet une petite mer. Il atteint presque 80km de large, pour une longueur de 636km. En profondeur il va jusqu’à 1642 mètres.

On y trouve plus de 1500 espèces animales dont des petits poissons, comme le coméphore, constitué de graisse ce qui en fait une nourriture intéressante pour les phoques. L’omoul, un autre poisson, très apprécié des Russes est présent dans ces eaux douces. Sa population a baissé fortement, désormais sa pêche est interdite. Enfin, des petites crevettes, epichura, peuplent le lac. Elles ont la particularité de tout nettoyer. Ainsi, si quelqu’un se noit dans le lac, on ne retrouvera jamais son corps, au mieux ses ossements. Le guide nous a raconté que les pêcheur sur les bateaux portaient des gilets de sauvetage, non pas pour ne pas se noyer, mais pour qu’une partie de leur corps soit préserver de ces petits bêtes et qu’on puisse les identifier s’ils devaient mourir sur le lac.

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Autre animal endémique : le phoque, il y en a presque 100 000. Ils se cachent sous la glace et ne sortent que leur museau pour respirer un coup toutes les 20mn en moyenne. A l’arrivée du printemps, les femelles accouchent sur la glace. La fourrure blanche des petits leur permet de se camoufler et de résister au froid.

Nous avons marché une heure avant d’atteindre le rocher Sagan-Zaba sur lequel on peut distinguer (vaguement) quelques peinture rupestres, au milieu de messages plus contemporains. Nous prenons les 4×4 pour rejoindre la terre ferme afin de manger sur la glace avant de gravir le mont Chybété d’où on peut observer le lac.

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Le pic-nique est quelque peu épique, on glisse pour atteindre le table où sont disposés les casse-croûtes. Surtout, sortir les mains de ses gants et de ses moufles pour saisir un morceau de salami s’avère assez douloureux sous l’effet du froid et du petit vent. Il devait faire dans les -15°C. Globalement ce fut la température moyenne du séjour, avec un pic à -27°C un matin. Le plus dur, en ce qui me concerne, est le refroidissement du corps qui découle de cet immobilisme, notamment au niveau des pieds.

Fin de la marche pour la journée, nos véhicules nous amènent à l’hôtel vers les portes d’Olkhon. Il est vaste, en bois et posé à côté du lac. On fait rapidement le tour des lieux, d’autant plus que la nuit tombe doucement.

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Le soir c’est l’apéro, de la vodka évidemment mais aussi de la bière russe. Une bonne nuit confortable nous attend avant de mettre le cap vers Koujir.

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