Irkoutsk, ville de Sibérie

Le gros voyage de l’année fut, encore une fois, la Russie, plus précisément la Sibérie. Nous sommes partis faire un trek aux abords et sur le lac Baïka dont les images l’hiver sont enivrantes.

Irkoutsk, cette jolie ville de plus de 600 000 personnes (bientôt un million avec le rattachement prochain d’une cité industrielle) fut notre point d’arrivée en Sibérie après un long voyage en avion : 3h30 pour rejoindre Moscou depuis Paris, puis un peu plus de 6h jusqu’à notre destination.

Notre guide de la journée, Natacha, nous fit visiter une partie de la ville. Globalement nous l’avons beaucoup aimé, elle a du charme avec ses petites maisons en bois.

Petite histoire de la ville

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La ville a été colonisée par les Russes en 1661. Ils ont été confrontés aux Bouriates qui habitaient déjà en Sibérie. Les Bouriates sont une ethnie minoritaire en Russie, proches des Mongols auxquels ils ressemblent et partagent certains traits communs, comme l’alimentation à base de lait et de viande essentiellement. Tout comme les Mongols, ils ont été pris en tenaille entre les Russes et les Chinois et ont choisi de s’allier aux Russes contre les Chinois qu’ils ne semblent guère apprécier. Cela s’est fait après des affrontements sanglants, notamment contre les Cosaques. Les Bouriates se disent les descendants de l’empire de Gengis Khan. Eux-mêmes, lorsqu’ils sont arrivés aux abord du Lac Baïkal, ont déplacé la population des éleveurs de rennes vers le Nord.

Irkoutsk est historiquement une ville marchande grâce au passage du train qui lui a permis de prospérer (transsibérien). On raconte que la création de la gare a peut-être été rendue possible par un bakchich. Prospère, la révolution russe eu du mal à y prendre. Le commerce reposait entre autres sur la peau de zibeline qui avait alors une très grande valeur.

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La visite de la ville

Lorsque nous sommes arrivés dans la ville, c’était jour de carême, c’est à dire la fête du début du printemps. En théorie, les Russes ne doivent pas manger de produits à base d’animaux pendant plusieurs semaines à cette occasion. Des événements festifs sont organisés et nous avons pu voir un homme s’attaquer à un mat de cocagne.

L’affluent de la ville est la rivière Angara, la seule qui prenne sa source directement dans le lac Baïkal. Ses courants sont violents, raison pour laquelle elle ne gèle pas l’hiver. Il existe plusieurs légendes à son sujet (http://baikalieaventure.over-blog.com/article-2629687.html).

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La ville est à deux heures d’avion de la capitale chinoise, ainsi les Russes ont plutôt l’habitude de prendre leurs vacances en Asie, au soleil. On trouve d’ailleurs de nombreux fruits exotiques sur les étals des marchés

Nous y sommes retourné à la fin du voyage, munis de plans de la ville nous avons pu en profiter un peu. Parmi les points d’intérêt :

  • Le musée des Décembristes

L’histoire des Décembristes je l’ai découverte sur place. Elle remonte à 1825. A cette époque, la société Russe dispose d’un système de servage dénoncé par des réformateurs, membres de l’aristocratie éclairée.

A la mort du tsar Alexandre 1er, profitant de l’indécision quant à sa succession et souhaitant l’amélioration des conditions de vie des serfs ainsi qu’une constitution comme il en existe à l’époque dans certains pays d’Europe, plusieurs réformateurs se sont rassemblés devant la place du Sénat à Saint-Pétersbourg, en essayant de soulever les soldats.

Le gouverneur de la capitale de l’époque fut tué alors qu’il venait parlementer. Dès lors, le futur tsar, Nicolas 1er, mis fin au début d’insurrection le 14 décembre 1825. Des dizaines d’insurgés furent tués, d’autres fait prisonniers et condamnés à mort ou aux travaux forcés en Sibérie.

Les exilés entreprirent le voyage pendant plusieurs mois pour rejoindre les environs d’Irkoutsk. Ils effectuèrent des travaux forcés plus ou moins longs qui pouvaient consister en l’extraction de pierres dans des mines. Une fois les travaux terminés, ils ne purent cependant pas quitter la Sibérie pendant des décennies.

Onze épouses ou amantes les rejoignirent dans cet exil. Contrairement à leurs consœurs en Europe occidentale, elles ne se mêlaient pas de politique, elles n’étaient donc nullement complices des agissements de leurs époux. C’est par amour et devoir que certaines les ont suivis.

Le prince Sergueï Grigorievitch Volkonski, l’un des condamnés aux travaux forcés et à l’exil, fut rejoint par sa femme, Maria Volkonskaïa. Quand ils comprirent que l’exil allait durer, ils aménagèrent au mieux leur habitation, d’abord à 20 km d’Irkoutsk, puis dans la ville. Maria Volkonskaïa transforma le logement en salon culturel en vue à Irkoutsk. On peut voir la descendance de sa fille Elena ci-dessous.

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  • Le marché

L’occasion de faire de bonnes affaires, il est ouvert quasiment tous les jours et très bien achalandé notamment en nourriture (viandes, poissons, fruits exotiques en provenance de Chine…) et en vêtements chauds. Il est a côté d’un grand centre commercial.

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  • Les bords de l’Angara

On peut faire une longue promenade en suivant les quais. La rivière est très large et charriait des morceaux de glaces faisant scintiller ses eaux.

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  • Les statues

De gauche à droite : l’écrivain et dramaturge Alexandre Vampilov qui s’est noyé dans le Baïkal, un touriste et le symbole des femmes de Décembristes.

+ La légende de Saint Pierre et Sainte Fevronia, on leur adresse des prières pour les problèmes de stérilité ou lorsque son couple bat de l’aile;
+ L’arbre aux branches coupées : c’est un marchand qui n’a eu que des filles et donc aucun fils à qui transmettre son nom qui a demandé cette sculpture. L’arbre n’a plus de branchages car la transmission de son nom a été interrompu, en effet, les filles ne pouvaient pas le transmettre;
+ Le soldat inconnu;
+ L’animal symbole de la ville : un tigre, avec une queue de castor, qui tient entre ses crocs une zibeline.

Particularités 

De nos jours, on appelle aussi « Décembristes » les Russes qui partent s’installer en Sibérie;

Les Russes doivent déneiger leurs toits début mars en ville sous peine d’amende;

Des petites maisons en bois sont visibles en villes, elles s’enfoncent un peu tous les ans. Elles ne possèdent pas toutes une arrivée d’eau, il y a donc des pompes en libre accès dans certaines rues. Les Russes viennent se servir et la ramènent dans des sceaux. Selon la guide, ce sont les habitants de ces maisons qui n’ont pas envie de faire les installations nécessaires;

Comparaison entre Décembriste et Communistes sous forme de blague, dixit la guide :

La révolution communiste gronde dans les rues, une domestique vient prévenir un vieille dame, descendante d’un Décembriste.

-« Que veulent-ils ? » demande la dame.

-« Ils veulent qu’il n’y ait plus aucun riche », répond la domestique.

-« Ah », soupire la dame,  » nous, nous souhaitions qu’il n’y ait plus aucun pauvre »

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2 réflexions sur « Irkoutsk, ville de Sibérie »

  1. Wahou, merci pour toutes ced informations et ces chouettes photos qui font voyager. La Russie ne m’attire pas de prime abord, mais ton résumé fait que je suis désormais fortement tentée 🙂 très belle journée à toi !

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  2. J’étais aussi un peu réticente au départ, les démarches pour obtenir un visa sont quelque peu décourageantes, mais au final j’ai bien accroché avec ce pays et quelques Russes. Bonne journée à toi aussi!

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