Retour en Corse : Porto, les Gorges de Spelunca et Corte

Après une bonne nuit nous avons rassemblé les affaires et fait nos préparatifs pour partir. J’appréhendais un peu le petit-déjeuner en raison de l’attitude de la veille de l’hôtelier et de son besoin de bavarder. Il nous avait montré l’endroit où se tenait le petit déjeuner : dans l’entrée de l’hôtel à côté de la porte principale et de son comptoir.

Le gérant de l’hôtel et Porto

Le matin on est en général un peu chiffonné, personnellement ce n’est pas le moment de la journée où je m’avère la plus enjouée et bavarde.

Nous nous sommes installés dans le hall et le gérant a entrepris de débarrasser la table, de la replacer, puis de nous amener de quoi manger. Il a multiplié les aller-retour entre le hall et une salle à l’autre bout d’un couloir, amenant sur plusieurs plateaux le pain, la confiture, les boissons, reconfigurant la position des assiettes sur la table, tout en parlant, ce qui a du prendre presque 10mn en tout – peut-être pas autant mais ça m’a semblé looog. Il voulait savoir si on avait bien mangé la veille, à bon prix, etc (il semblait regretter qu’on ait pas pris conseil auprès de sa personne pour trouver un bon rapport qualité-prix, je ne lui donne pas tort pour le coup).

Gégé a botté en touche, j’avais le souvenir de l’addition encore assez cuisant. Un autre couple l’a occupé pour le règlement des chambres, on a commencé à se restaurer, en espérant le voir ensuite vaquer à ses occupations. Mais une fois le couple parti, il s’est planté devant nous et nous a demandé quel était le programme de la journée.

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Je me suis sentie désespérée, n’ayant aucune envie de socialiser à cette heure matinale. Il ne voulait clairement pas nous laisser manger en tête à tête. Gégé a parlé de la randonnée vers les gorges de Spelunca. Il a alors commencé à nous détailler l’endroit par où partir, passer, la beauté des lieux, le regard perdu bien au-dessus de nos têtes … j’ai lâché la conversation (enfin, le monologue), reprenant le train en marche lorsqu’il a évoqué un coutelier (c’était une question récurrente chez les autres touristes, donc il voulait nous renseigner au cas où). On a fini de manger dans cette ambiance étrange, lui, n’arrêtant pas de parler et ne semblant par voir sa maladresse. Gégé répondait poliment de façon concise. Surtout éviter de le relancer sur quoi que ce soit! Je n’ai pas ouvert le bouche, je me concentrais sur la mastication de ma tartine. J’ai repensé au couple précédent qui avait passé deux nuits et pris deux petit-déjeuner. A la réflexion, la femme était d’ailleurs partie directement dans la voiture, laissant son conjoint seul face à face avec l’hôtelier pour le règlement.

Il n’était pas méchant, au contraire, juste très maladroit. Etant encore hors saison, nous étions, une fois l’autre couple parti, ses seuls clients et donc sa seule occupation de la journée – en tout cas, il en donnait l’impression. Je ne sais pas comment il arrivera à gérer 10 ou 15 personnes quand il sera en plein dans la saison touristique, il se disperse beaucoup trop et le service n’est clairement pas son point fort. Au bout d’un moment il s’est mis sur le perron en attendant le retour du couple qui avait oublié un chargeur dans une chambre.

Au moment de payer, rebelote, il nous parle de son ancien métier et d’autres choses, on arrive quand même à partir. Ouf!

Pensez-vous…

Au moment où nous faisions nos emplettes pour le sandwich de midi, j’ai réalisé que j’avais toujours dans ma poche la clé de la chambre! Il m’avait tellement distraite à parler que j’avais oublié de lui rendre et de son côté, concentré par ses récits, il avait oublié de la réclamer. On est parti d’un fou rire nerveux, Gégé a estimé que j’étais vraiment un boulet pour le coup. On a fini les courses puis on est remonté lui rendre très rapidement (heureusement on était à deux kilomètres de l’hôtel) avant de bondir vers les gorges de Spelunca, non sans un arrêt préalable par la plage de Porto. Vous connaissez la chanson, Gégé s’est baigné! J’ai continué Romain Gary posée sur les galets.

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Nous ne sommes pas montés au sommet de la tour génoise, on a réalisé qu’il était possible d’y accéder en voyant des gens au sommet au moment de partir.

Les Gorges de Spelunca

 

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Sur la route on a croisé plein de petits cochons en promenade

 

Nous sommes arrivés au point de départ, au village d’Evisa, non sans repérer le fameux coutelier sur la route. La promenade a commencé par une longue descente. Vraiment très longue! On a mis plus d’une heure a atteindre le cours d’eau, en dérapant sous la caillasse par endroit, en évitant les pierres et les racines. Chaque virage nous faisait mesurer à quel point nous allions morfler pour remonter. Tout en bas il y avait un petit pont génois et la rivière. Nous avons pic-niqué, au bord de l’eau, j’ai pris quelques photos. La remontée a été comme prévue éprouvante, mais on l’a faite en une heure, donc plutôt vite. En nage, nous nous sommes changés rapidement avant de reprendre la route.

Corte

 

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La voiture près des gorges de la rivière Restonica

 

Pour atteindre Corte, il faut traverser la forêt d’Aïtone (entre autres). Nous avons serpenté pour monter très haut dans la montagne. Tout autour de nous des pins, dont les troncs hauts nous entouraient. Nous avons croisé d’autres cochons corses, un peu partout. La température s’est mise à descendre sensiblement, on a perdu presque 10°C dans la montée. Puis, nous sommes redescendus, on longeant la Restonica.

En arrivant à Corte, nous avons déposer les affaires et récupéré les clés de la chambre sans soucis.

La soirée s’est faite au restaurant, le Bip’s, où là encore la CB n’a pas été acceptée. Mais on a été très gentiment accueilli, et on nous a, là encore, offert un digestif à base de myrte – et c’était très bon. On a vraiment fait la visite de la ville le lendemain.

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3 réflexions sur « Retour en Corse : Porto, les Gorges de Spelunca et Corte »

  1. J’ai souri en me rappelant certains souvenirs. Nous étions à Corte, et au lieu de prendre la route soit disante plus longue, vers le sud, nous avons préféré prendre la transversale, en partant en fin de journée… Nous avons traversé une forêt et lorsque je regardais la carte, je voyais que les chevrons (indiquant la « pente ») se rapprochaient, de plus en plus… Nous avons donc grimpé et grimpé (en voiture, cela s’entend), je blêmissais. Jusqu’à ce l’on rencontre la neige ! La neige ? (fin septembre, début octobre)… Et l’on se répétait, soeurette et moi, en prenant l’accent corse : une femme honnête, ne sort pas le soir… 😆

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    1. La conductrice trés trés énervée. L’´assistante de la conductrice (moi) dans ses petits souliers (car je voyais les bas côtés) ! Nous avons rejoint Aléria trés trés tard. Car 50 kms en Corse, sur une carte, cela ne peut jamais être parcouru en 1/2 h ou 3/4 d’heure ! Mais cela fait de beaux souvenirs, malgré tout. 🙂

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