La sage-femme

Weekend à Marseille fin février.

Samedi, retrouvailles avec une amie, future sage-femme, en train de finaliser ses études. On déambule dans le centre commercial attenant aux Terrasses du Port. L’endroit est neuf, moderne mais étrangement vide. Les touristes qui font des escales à Marseille sont peu nombreux à s’y déplacer.

On évoque un peu les connaissances communes avant d’aborder son métier. Elle est passionnée et raconte son stage au Québec, les gardes de 12h, le salaire ridicule, les tensions entre soignants (certains bizutent les jeunes en formation en leur disant qu’ils ne valent rien et qu’ils devraient se jeter par la fenêtre – véridique), la joie de recevoir des petits mots des parents quelques temps après la sortie de l’hôpital, la puissance des femmes en train d’accoucher, sortes de Hulk, capables de soulever le soignant ou le futur père par dessus leur épaule et de les envoyer bouler à l’autre bout de la pièce pendant les contractions les plus douloureuses.

Les idées reçues sur l’accouchement y passent : la péridurale n’est pas posée de suite, donc oui, la souffrance ne peut pas être totalement écartée; l’épisiotomie reste indispensable en cas d’urgence mais n’est plus systématique; l’interdiction de manger pendant toute la phase du travail, spécialité française, commence tout juste à être remise en cause. En effet, accoucher est une épreuve sportive de haut niveau qui peut durer très longtemps, s’hydrater est le minimum pour que le corps tienne le coup. Selon mon amie, la nouvelle génération de soignants est de plus en plus formée à être à l’écoute et banalise moins certains actes.

On discute de nos expériences comme patiente et des histoire rapportées par des copines. Les soignants croisés qui ont eu tendance à expédier la consultation en 5-10mn, sans prendre le temps de questionner un minimum sur l’historique médical avant toute prescription. Ceux qui demandent au patient de se mettre en sous-vêtement pour une prise de tension et une écoute du rythme cardiaque, alors que la fenêtre de la salle d’examen est ouverte sur la rue en plein hivers, permettant aux habitants en face de se rincer l’œil. Ceux qui tiennent à expliquer aux petites jeunes comment effectuer une palpation mammaire même lorsque l’objet du rendez-vous est l’obtention d’un certificat de sport. Ceux qui engueulent l’ado timide et mal à l’aise rechignant à se mettre en sous vêtement pour un problème concernant le haut de son dos.

Enfin, la découverte sur le tard de soignants qui prennent 20mn pour faire le point sur tout l’historique médical et les éventuels abus sexuels subis avant tout acte intrusif. En être agréablement surpris. Réaliser ainsi, ce qu’aurait toujours du être l’examen médical, complet et respectueux de la personne.

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