Fin du séjour dans le désert – retour à Oulan Bator

Le matin a débuté par l’observation du levé de soleil. Nous sommes tous sortis l’admirer, pour ceux qui avaient passé la nuit sous les yourtes, les autres ont juste eu à repousser un peu les couvertures encore fourbus de l’apéro prolongé de la veille.

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Spectacle magnifique, la lumière est tellement particulière le matin ou le soir dans ce désert.

Nous avons petit déjeuner avant de ramener les ustensiles à nos hôtes (yourtes ci-dessus). A trois nous avons fait le trajet pour tout porter. La jeune femme nous a alors invité à entrer chez elle. Elle nous a tendu des couteaux et en moins de deux nous étions de corvée d’épluchage de patates. Le piège. Surtout que c’est pas évident quand on a l’habitude de l’économe. Notre maladresse et lenteur a bien fait rire la famille de nomades. Une fois que le seau en plastique prévu à cet effet fut à moité rempli de nos patates charcutées nous sommes reparties vers nos yourtes pour une courte durée. Comme rien n’était prévu au programme de la matinée le groupe est retourné vers les nomades pour la préparation du repas. Les tâches sont réparties selon le sexe ici (hahahaha, mais quelle idée). Aux femmes l’épluchage et la découpe en petits morceaux des légumes. Les mecs du groupe étaient donc pendant ce tempe debout derrière nous à regarder en gloussant et à nous prendre en photo. Fallait pas qu’ils abiment leurs petites mimines… .

Des petites mamies causaient tout en nous regardant procéder de la même façon avec les carottes. Une fois la découpe terminée, nous sommes tous allés voir la traite des juments.

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La traite d’une jument ressemble beaucoup à celle d’une ânesse (voir l’article Asinerie). En journée les poulains sont séparés de leur mère en étant attaché à une corde tendue au niveau du sol qui leur maintient la tête basse. Ainsi, ils ne sont pas en mesure de boire le lait maternel. Pour effectuer la traite, un nomade détachait un poulain et le conduisait vers sa mère où l’attendait la jeune femme avec son seau en plastique rouge. L’homme laissait le petit boire une ou deux gorgées avant de le tirer en arrière, tout en la maintenant contre le flan de la jument pour la déstresser. A ce moment la jeune femme pouvait commencer la traite pendant quelques minutes à peine. Très peu de lait est obtenu à chaque fois, 200ml à 400ml, puis la bête bloque la lactation. Il faut recommencer le processus plusieurs fois dans la journée (4 à 6 fois). Et les poulains dans tout ça? Et bien la nuit ils sont détachés et peuvent boire tout leur saoul, ne vous inquiétez-pas.

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Sur les conseils de notre guide nous sommes restés à distance, les animaux étant très craintifs. La nomade mettra presque une heure pour traite une dizaine de bêtes, certaines juments tentent en effet de se sauver quand elle s’approchait d’elles.

Les chevaux forment une horde. A leur tête un étalon, les autres mâles sont castrés. Les étalons tournent régulièrement pour permettre le brassage des gènes chez les poulains et éviter qu’ils s’accouplent avec leurs « enfants ». Ils sont ensuite castrés à leur tour au bout d’un ou deux ans. Le même raisonnement s’applique avec les bovins. Les Mongols consomment du cheval comme d’autres viandes, ils attendent juste que la bête ait trois ans. En revanche ils ne semblent pas trop utiliser le lait de vache, d’ailleurs ils n’ont pas vraiment aimé le fromage ramené par le couple de Savoyards (du Beaufort, troooop bon pourtant). Mais ils ont apprécié le saucisson (ils en ont aussi chez eux). Notre guide en bon vivant s’est révélé fan des deux.

Après la traite nous avons commencé à rassembler nos affaires car nous devions partir après le déjeuner : retour vers la ville de Sainshand. On a salué une dernière fois la petite famille qui avait pris grand soin de nous puis nous sommes montés dans les véhicules. On leur a laissé quelques petites affaires, certains membres du groupe leur ont donné des gâteaux, des habits et même des médicaments (?). Ils avaient du partir avec un petit stock à distribuer tout le long du voyage.

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On a commencé par le musée local. Nous étions les seuls à le visiter, le gardien a allumé exprès l’électricité pour nous! Il y avait une partie préhistorique (beaucoup de fossiles et de restes de dinosaures ont été découverts dans le désert de Gobi), une autre sur les animaux du désert (ils étaient empaillés), les objets utilisés par des tribus anciennes, la présentation de la période communiste et enfin la démocratie depuis le début des années 90.

Puis sept d’entre nous ont visité avec le guide le musée consacré au fameux moine bouddhiste Dulduityn Danzanravjaa. Les autres n’ont pas voulu payer l’entrée et ont préféré se promener dans les alentours.

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Le descendant d’un des disciples du moine a réussi à sauvegarder une partie des ses effets personnels et de son patrimoine. Ceux-ci sont exposés, des belles pièces de costumes de théâtre, des masques, des instruments de musique, des meubles peints.

La Poste a été la destination suivante, afin d’envoyer des cartes postales (et d’en racheter!) avant un quartier libre de plus d’une heure. On a cherché en vain des magasins à cadeaux mais il y avait très peu de commerces dans la petite ville. On a surtout trouvé du matériel à yourte. Finalement on s’est retrouvé dans un cybercafé, « Bos' », qui avait du wifi et dont le serveur parlait un peu anglais ! Oh joie, du réseau! Les téléphones ont été pris d’assaut pour lire les messages des familles et amis.

A 16h retour aux voiture. Nous devons nous rendre à des bains publics histoire de prendre une bonne douche chaude avant de reprendre le train de nuit. Manque de bol c’était complètement fermé. Cette fois c’était une canalisation qui avait rompu à ce qui parait. Le guide nous a trouvé rapidement une alternative, une douche dans un institut de beauté au sous-sol d’un hôtel. Douche deux par deux en 15mn chrono. Une fois propre comme un sous neuf on a réglé avant de revenir vers le café possédant le wifi pour attendre les autres et l’heure du restaurant (!).

Au restaurant même menu pour tous histoire de faire simple. Comme d’habitude, de la viande, du riz et des pommes de terre. Sur la fin je commençais à saturer un peu d’avoir les mêmes ingrédient dans l’assiette, mais c’était très bon!

De retour à la gare, on grimpe dans nos wagons. Après avoir casé toutes nos affaires nous avons installé les lits, c’est à dire qu’on a abaissé les banquettes du dessus, posé les draps et la couverture. Placée en hauteur j’ai pris de quoi bouquiner. Un Mongol nous a rejoint, ce qui fait que nous étions 4 dans le compartiment avec Gégé et le guide. On a parlé un peu avec cet homme, le guide faisant la traduction. Il nous a montré une photo de sa famille et nous posé des questions sur la raison de notre venue. Il pensait aussi que Berlusconi était lié à la France (c’était pas loin!).

La nuit sur la banquette fut mouvementée, par les arrêtes réguliers du train, la lumière des gares, la chaleur puis le froid. Dans un autre compartiment une famille mongole parlait fort et rigolait, ce qui n’aidait pas à trouver le sommeil. J’ai eu l’impression de n’avoir dormi que quelques heures lorsque le Normand est rentré dans le compartiment : il était bientôt 6h30 du matin….

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