Fin du trekking : 5ème jour (10km)

Au petit matin la température était bien descendue. Nous avons dormi 10h d’affilé au moins. Un léger brouillard recouvrait la plaine. Le Normand partageant notre yourte a fait partir le feu qui a ensuite été utilisé par la cuisinière afin de préparer les boissons chaudes du petit-déjeuner. Plus aucune douleur aux jambes à déplorer, la nuit a été véritablement réparatrice.

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Nous avons de nouveau défait les lits de camps, remis les duvets dans leur housse, démonté les yourtes.

Oyanga nous avait fait des beignets en forme de donuts recouverts de sucre glace, le tout accompagné de confiture et de « miel ». Après les derniers jours de marche je me suis trouvée en capacité d’avaler le double de ce que j’ingère habituellement : les 5 gros beignets et la tartine de pain sont passés comme une lettre à la poste. Nous avons ensuite fini les préparatifs avant de remettre nos sacs à dos et de partir un peu après 10h, en direction de la maison d’un autre nomade, le chef guide d’une trentaine d’années.

Après le début de la marche sous le soleil, un Mongol est sorti de son campement pour s’empresser de nous offrir un bouteille d’eau. On était un peu perplexe (on ignorait sa provenance – de l’eau, pas du Mongol), le guide l’a saisie, en a bue une petite gorgée en remerciant le monsieur, mettant ainsi fin à l’échange. La bouteille a été gardée, mais on s’est bien abstenu de la boire. Nous avons fini par atteindre des arbres après une heure de marche. Nous nous sommes posés pour attendre M. Longue Jambe qui, comme à son habitude, avait entreprit de réaliser un détour par les montagnes. Seulement cette fois nous l’avions vraiment perdu de vue. On a attendu un bon moment, obligeant sa compagne et le Normand à monter sur une crête à sa rechercher (en vain). Mme Sans Gluten était passablement énervé, d’autant plus qu’il aurait dû s’arrêter avant la petite forêt pour nous attendre. Reprenant notre marche nous avons passé les arbres, toujours en le cherchant du regard. Il était finalement sur une montagne un peu plus loin, dès qu’il nous a vu il est redescendu nous rejoindre.

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Il était en haut de cette petite montagne

Nous avons poursuivi, serpentant sur la route de terre entre les arbres. Plusieurs terrains avec des yourtes ont été traversés. Cette fois les espaces étaient délimités par des barrières en bois, les habitations étant plus près les unes des autres. Des jeunes urbains avaient pris leurs quartiers à proximité pour se détendre le temps du weekend. La musique résonnait. On a vu également des écureuils, pas très farouches.

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Après une autre heure de marche nous avons trouvé la maison du nomade. Là encore, le terrain était délimité par des barrières en bois. A l’intérieur, une maison en dur, en construction mais déjà habitable (une porte au second étage donnait d’ailleurs sur le vide), quatre yourtes, une qui abritait le matériel pour faire du fromage et du lait fermenté, deux autres uniquement pour les touristes comme nous, la dernière pour entreposer du matériel. Il y avait également un grand panier de basket (nous en avions croisé plusieurs sur les autres terrains appartenant aux Mongols) et un kiosque en bois avec une table et des bancs en bois sous des arbres. En dehors du terrain un cabanon, lui aussi en bois, servant de toilettes.

A notre arrivée nous avons fait la connaissance de la famille du chef guide, sa femme (qui est restée très en retrait tout le temps du séjour), son fils âgé d’une dizaine d’année et sa petite fille de cinq ou six ans très malicieuse. Sa femme nous a montré la préparation du yaourt sous la yourte appareillée ainsi que la fabrication du lait fermenté. L’odeur était assez terrible, très acide – une odeur d’acidité que l’on retrouve dans le vomi (désolée…).

Le groupe s’est dispersé, les M. Longue Jambe et Mme Sans Gluten sont partis explorer une montagne voisine, les autres sont allés à la rivière ou se sont reposés sous les yourtes. J’ai commencé à dessiner la maison du guide, posée sur l’herbe derrière une yourte. Curieux de voir ce que je réalisais la chef guide s’est accroupi à mes côté pour me regarder crayonner. Ça m’a mis la pression, heureusement la pluie est venue interrompre le dessin. Je suis rentrée un moment sous la yourte attendant la fin de l’averse pour pouvoir reprendre le dessin. Quand je suis ressortie, le guide m’a fait signe d’approcher et prenant mon carnet de dessin il a commencé à dessiner un de ses chevaux. Posée sur une chaise pliable il dessinait d’un trait l’animal au crayon. Sa fille, Bendja, Oyanga et un camarade de son fils se sont penchés par dessus son épaule pour le voir à l’œuvre. Une fois le dessin fini il a indiqué la date, le nom et son adresse Facebook. Toute contente et récupérant mon carnet, je me suis remise à dessiner la maison avant de sortir l’aquarelle pour la finaliser (en utilisant l’eau offerte sur le chemin par le Mongol qui nous avait accosté). Une fois le dessin sec, j’ai trouvé Tulga pour lui demander si je pouvais offrir le cadeau à Bor. Nous sommes allés sous une yourte où les nomades étaient rassemblés et j’ai pu lui donner mon dessin. J’étais vraiment toute contente, surtout que les autres nomades ne parlent pas du tout français, le dessin est alors devenu un moyen de communication (toute petite communication mais sympa quand même).

 Plus tard dans l’après-midi, Tulga a voulu lancer la compétition de montage et démontage de yourte. Il nous en avait parlé dès le début du voyage, nous étions plus ou moins motivé à la base. Pendant le trek une des yourtes avait été abimée, un poteau s’étant fendu. Ainsi, il fut décidé que nous n’utiliserions qu’une seule des deux yourtes et qu’à tour de rôle chacune des équipe allait la monter et la démonter. La première équipe a été constituée avec les Savoyards, les Montagnards et l’étudiante, avec l’aide de Bendja. Ils sont mis 18 mn à tout monter et démonter (le montage s’arrêtant au moment où les lattes étaient fixées), notre équipe a mis 50 secondes de plus. Une bouteille de vodka a été offerte aux vainqueurs – l’apéro s’est sacré! Ce fut d’ailleurs le dernier apéro au complet car Baska repartait définitivement le soir même.

Avant de trinquer ensemble, Bendja a proposé au Normand un combat de lutte. Nous nous sommes rassemblés pour les voir s’affronter – combat rapide, deux victoires pour le jeune guide. Puis Bendja a fait la même proposition à Gégé. Au bout d’un looong moment Gégé a fini par le mettre à terre (la différence de gabarit aidant (!)).

Pendant ce temps, la femme de Bor préparait un barbecue mongol pour le dîner : dans une marmite elle a disposée plusieurs couches de viandes superposées avec de grosses pierres avant de rajouter des légumes au sommet. La marmite est ensuite fermée et posée pendant au moins une heure sur le feu. Grâce aux pierres contenues, la viande est chauffée et cuite de façon homogène. C’est un plat de fête en Mongolie.

Après ce combat épique et en attendant la fin de la cuisson du repas, nous avons pris l’apéro avant d’aller faire un tour à la grande rivière à quelques centaines de mètres du terrain afin de prendre un bain. L’eau était toujours aussi froide et revigorante.

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J’ai tenté de faire un peu de basket avec Oyanga qui m’a largement battu – je n’ai pas réussi à mettre 10 paniers sur plus de 100 tirs, une catastrophe. Concernant les autres membres de la famille du guide, sa petite fille a passé une grande partie de sa journée à jouer avec l’étudiante. Celle-ci faisant de la gym et de la danse, elle a enchainé pour la plus grande joie de l’enfant roues, ponts et autres figures. Baska est finalement parti sous une haie d’honneur, assis sur sa charrette toujours souriant comme à son habitude.

Nous avons ensuite dégusté dehors le barbecue mongol, très bon comme tout le reste avant de rassembler des morceaux de bois morts afin d’allumer un feu près du kiosque. Assis en rond on a essayé de se rappeler les paroles de quelques chansons françaises, mais on ne s’est pas senti trop inspiré par leur niveau après avoir écouté  Oyanga chanter magnifiquement une berceuse. Nous avons gouté ensuite le lait fermenté (vraiment pas bon), puis petit à petit le cercle s’est vidé, Bor et sa famille sont partis se coucher, puis Tulga et enfin le reste du groupe.

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