Trekking : 4ème jour (23,7km)

Exceptionnellement nous sommes partis plus tôt que les matins précédents, laissant les guides se charger du rangement sur le camp. Retour vers la vallée au programme, direction la maison du doyen des nomades.

Arrivés un peu avant midi, nous avons fait la connaissance de sa famille. Sa femme, une toute petite dame ridée et silencieuse, plusieurs de ses filles et ses petits enfants étaient présents. Sur les neuf enfants du vieux couple, trois seulement ont poursuivi la vie de nomade, les autres travaillent un peu partout en Mongolie.

Installés sous la yourte, la femme du nomade nous a servi des petits morceaux de fromage durs et secs (assez proche du parmesan) ainsi que du lait chaud. La TV ainsi que le téléphone sont installés, alimentés par une batterie qui est chargée par un panneau solaire posé à l’entrée.

A un moment le guide est sorti de la yourte, nous laissant seul avec la petite dame. Maladroitement les gens du groupe ont essayé de lui demander son prénom en indiquant comment chacun s’appelait en se désignant la poitrine du doigt. La petite Mongole nous a regardé poliment sans rien répondre, on s’est senti un peu con. Le guide est revenu, levant se sentiment d’embarras, obtenant le prénom recherché, originaire de l’Est de la Mongolie. Nous sommes ressortis nous poser dans l’herbe, pas trop loin de nos sacs. J’ai laissé notre chargeur à énergie solaire bien face au soleil. Alors qu’il avait très bien fonctionné les deux premiers soirs, permettant de faire tenir les téléphones portables, une fois la batterie vidée il fut impossible de le recharger. Impossible donc d’envoyer des textos en France pour la famille ou de prendre d’autres photos. De toute façon en quittant le campement de base nous avons vite perdu tout réseau.

Alors que le guide était resté sous la yourte avec d’autres Mongols du petit campement, nous sommes restés dehors, regardant la petite dame s’activer à couper des plantes et à guetter l’arrivée des trois guides et de la cuisinière. Ils sont arrivés après un petit moment et se sont à leur tour engouffrés sous la yourte pour discuter entre Mongols. Après un temps nous avons remis nos sacs à dos et attrapé les bâtons pour s’éloigner vers le lieu qui nous servirai à pic niquer. Nous avons de nouveau croisé des cavaliers, gérant leurs troupeaux de bêtes, accompagnés de chiens.

Nous sous sommes posés pour déjeuner dans l’herbe. En discutant avec la sage-femme on s’est demandé comment ça se passait pour les femmes enceintes qui vivaient loin de la ville et des structures médicales. Je pensais qu’elles devaient se débrouiller et faire des accouchements physiologiques. Le guide m’a vite détrompé : à partie de leur 8ème mois de grossesse, les femmes enceintes sont obligées de se rendre dans l’hôpital le plus proche où elles restent jusqu’à l’accouchement. Mesure mise en place par le régime communiste (ça lui ressemble bien). Je me suis sentie un peu bête, c’est en effet la meilleure solution pour limiter les risques pour la mère et l’enfant. En ville en revanche les femmes se rendent à l’hôpital seulement pour accoucher.

Après le déjeuner nous nous sommes posés un long moment, certains ont fait une petite sieste. Cependant au loin, en direction de l’endroit d’où nous venions, les nuages noirs s’accumulaient, plutôt menaçants. Les guides ne se sont pas affolés comme à l’ordinaire mais nous n’étions pas ravis. La matinée avait trainée en longueur avec les nombreuses pauses et il restait encore un long chemin à parcourir avant l’arrivée au campement. Notre guide nous a laissé avec le vieux nomade, juché sur le cheval de la cuisinière. En raison de ses douleurs aux pieds il a préféré resté avec les charrettes, surtout que le programme était de franchir une petite montagne.

Nous avons accéléré pour éviter la pluie qui a fini par nous rattraper. Heureusement cette fois elle n’a pas duré trop longtemps. Nous avons passé des bergeries vides avant de commencer à monter. Nous avons refait une petite pause avant de nous attaquer à la montage. Le couple Mme Sans Gluten et M. Longues jambes sont partis en tête, j’étais sur leur talon, le reste du groupe derrière, les uns à la suite des autres, le nomade vérifiant que tout le monde suivait en nous indiquant la direction en mongol avec des gestes, toujours juché sur son cheval (la veille au soir autour au feu de camp, notre guide lui avait demandé sur le ton de la boutade s’il voulait faire le trajet à pieds avec nous. Le vieux nomade l’avait alors regardé comme s’il était fou,  en protestant).

Nous avons ainsi attaqué une montée au milieu de la forêt, à l’attaque de la petite montage (400m de haut). Les couleurs d’automne marquaient tous les arbres et les plantes. Il n’y avait pas de sentier à proprement parlé, nous obligeant régulièrement à bifurquer.

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Petit à petit la pente est devenue de plus en plus raide. Le souffle s’est fait court et les articulations se sont mises à souffrir. J’ai fait la bêtise de suivre le couple en essayant de me caler sur leur rythme rapide. Ayant des jambes plus petites que les leurs, j’ai allongé la foulée, ce qui n’était pas approprié. Quand nous avons atteint le sommet, j’étais en nage, les pieds et les cuisses douloureux. Les autres sont arrivés très rapidement après, dans un meilleur état car plus à l’écoute de leurs sensations. Je me suis changée dans un coin avant d’aller me désaltérer avec les autres et de grignoter des amandes et fruits secs. Assis sur l’herbe nous étions de nouveau sous les rayons du soleil, face à la vallée qui s’étendait devant nous.

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La descente fut également délicate. Mes articulations souffraient à chaque pas tout comme l’arrière d’une des cuisses qui me lançait dès que j’allongeais la foulée. Le nomade nous guidait bien, évitant les bosquets d’orties (trop tard pour ma jambe). Bref, après un loooogue descente de près de 2h nous nous sommes retrouvés dans la plaine, qu’il a fallu traverser avant de rejoindre le campement posé près d’une rivière. Il était plus de 19h. Nous avons encore du monter les yourtes et trouver un peu de temps pour nous laver discrètement derrière des troncs d’arbres. On en a profité pour vérifier si nous ne portions aucune tique (il y en avait dans la forêt). Vers 21h les gens se sont trainés péniblement hors des yourtes pour venir manger avant de repartir se coucher. A 21h30 j’étais sous mon duvet à chercher le sommeil comme tous les autres.

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