Монгол улс

Départ un matin de septembre pour l’aéroport CDG, direction Oulan-Bator via Moscou. Nous y sommes, c’est le grand jour. On empoigne les valises, faites et refaites tout le weekend, et on longe notre rue jusqu’au métro afin de rejoindre Gare du Nord puis notre terminus.

Un peu stressé nous arpentons les comptoirs d’enregistrement à la recherche de notre vol. On finit par le trouver et nous commençons sagement à faire la queue tout en repérant quelques autres membres du groupe à leurs discussions. Sans difficulté nous passons ensuite les contrôles de sécurité. L’avion, en préparation, est visible derrière les vitres mouillées car la pluie tombe ce matin sur Paris.

On finit par rentrer dedans, s’installer (il est relativement vide). Il nous amène pour la première partie du voyage à Moscou où nous débarquons quelques heures. On en profite pour faire connaissance avec quatre autres personnes, venant de Normandie et d’ARA. C’est aussi la première fois qu’elles partent en Mongolie pour faire un trek. Personne ne connait le pays. L’embarquement sur le second appareil commence, cette fois le vol sera long, près de 6h. Je dors un peu, on essaye de se dégourdir les jambes dans l’allée. Le soleil a disparu rapidement peu après le décollage,  on assiste cependant rapidement à son levé car nous allons vers l’Est. A minuit heure française, soit sept heure à Oulan-Bator nous atterrissons enfin pour débuter notre séjour.

Une fois les formalités administratives réalisées, nous rencontrons le reste du groupe, composé de dix personnes, ainsi que notre guide. Il est parfaitement bilingue suite à plusieurs années passées non loin de la France dans sa jeunesse. Deux gros véhicules nous attendent sur le parking, nous y chargeons nos valises et nos personnes pour aller retirer de l’argent à la banque.

A travers la vitre on voit le paysage défiler, ponctué par des habitations éparses et colorées rappelant des bidonvilles, des chantiers innombrables et des bâtiments en début de construction qui semblent à l’abandon au milieu de nul part. Des parcelles sont délimitées par des palissades en bois et contiennent souvent une yourte à côté d’un bâtiment en dur. Le tout est posé au milieu d’une terre pauvre en végétation, faite de collines et de petites montagnes. Plus on approche du centre ville plus la circulation se densifie. Les voitures ont tantôt le volant à droite, tantôt à gauche en fonction du pays d’importation. Niveau conduite c’est le plus culotté qui passe, on se fait quelques frayeurs mais le chauffeur a l’air très calme.

A la banque on fait du change pour une centaine d’Euros environ. 1 Euro équivaut à environ 2500 Tugriks, on se retrouve avec des dizaines de billets représentant Genghis Khan. Puis on repart dans l’autre sens à la recherche d’un endroit où prendre le petit déjeuner. Devant un bon café et une assiette garnie de pancakes ou d’œufs brouillées avec de la charcuterie, nous faisons un tour de table avec le guide qui retient très rapidement nos prénoms. Pas mal de professions différentes dans le groupe, allant de la sage femme au conseiller bancaire en passant par des fonctionnaires. Des couples en majorité, aucun retraité. Ce sont visiblement de bons marcheurs. Revigorés par cette pause nous profitons des magasins sous la galerie pour acheter de quoi boire.

Le programme pour la journée est assez léger afin de ménager nos organismes mis à mal par le décalage horaire. Nous partons vers le parc national de Gorkhi-Terelj.

Premier arrêt sur le bord de la route à proximité d’un gros Ovoo, dont le guide nous explique la signification. Il nous fait tourner autour dans le sens des aiguilles d’une montre en faisant un vœux, tout en lançant de petits cailloux sur la structure. Un peu plus loin, un homme brandit son bras vers le ciel, sur celui-ci se tient un vautour. Un aiglese tient à ses côtés. Le temps est frais et le vent glacé, nous remontons vite afin d’aller voir le Rocher de la Tortue (nom donné en raison de sa forme) et enfin un monastère bouddhiste d’Ariyaval.qui accueille celles et ceux qui souhaitent méditer.

dsc_0037

Nous tournons des moulins à prières, traversons un pont avant de monter les 108 marches qui mènent au monastère.

Petite anecdote : alors que nous entamons la descente le guide nous explique que pendant la période communiste des Allemands de l’Est sont venus en Mongolie afin de tourner des longs métrages, notamment des Westerns en raison du paysage local. Dans ces films les Allemands jouaient le rôle des Américains, les Mongols quant à eux devant faire… les Indiens.

Malgré les secousses du véhicule dès le démarrage nous somnolons. Quand nos yeux s’ouvrent de nouveau nous réalisons être arrivés au camp de base où nous passerons la première nuit. Il est entouré par des petites montagnes. Derrière une clôture, de nombreuses yourtes se dressent, les unes à la suite des autres, posées sur un socle en ciment. Un préfabriqué abrite des douches et des toilettes. Enfin un gros bâtiment fait office de salle de restauration. Nous nous répartissons les yourtes, une pour deux personnes. A l’intérieur un revêtement en lino rose pâle, un poêle qui ne chauffe pas encore avec un tuyau qui sort par le toit de la yourte, des lits en bois, une petite table basse, de l’électricité et une multiprise. Les bagages sont enfin rangés.

dsc_0047

Pour éviter de me rendormir je ressors pour jeter un œil au reste de l’endroit. Des chevaux sont un peu plus haut derrière le restaurant. Un panier de basket rouillé se dresse, un aigle s’en sert de perchoir. Je fais mon premier dessin avant de retourner me mettre au chaud sous la yourte pour une petite sieste. L’électricité est disponible après 18h mais l’eau reste à température ambiante, donc glacée, dans le préfabriqué. Cela n’empêchera pas certains du groupe de prendre un douche.

Toujours décalqués par le voyage, nous passons au restaurant pour prendre l’apéro avant de passer à un repas chaud. L’apéro est composé de chips, de vodka, et de denrées alimentaires ramenés par nos compagnons de trekking (saucissons, fromage). Nous rencontrons la cuisinière qui nous accompagnera pour la première partie du séjour. Elle tient un restaurant à Oulan-Bator le reste de l’année où elle est chef. La nourriture est très bonne (c’était un peu mon inquiétude avant d’arriver), composée presque toujours de pommes de terre, carottes, oignons, pâtes, riz et viande. Dans le groupe, deux personnes ont des régimes particuliers: végétarien et sans-gluten. Pour l’instant elles s’en sortent et se régalent. La Mongole qui nous sert insiste pour nous resservir tout comme le guide très hospitalier.

Le ventre plein et les paupières tombantes nous repartons sous la yourte qui a été chauffée entre temps. Après avoir remis du feu dans le poêle nous nous écroulons dans nos lits.

dsc_0043

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s